14.5.09
11.4.09
26.3.09
25.3.09
27.2.09
Fragments du Quotidien n°1/2/3
16.2.09
15.2.09
31.1.09
29.12.08
DIMANCHE
entre le samedi et le lundi? Rien.
Le dimanche n'a rien qui lui appartienne réellement.
Le matin, on traîne derrière nous le spectre titubant
de la nuit du samedi, pathétique gueule de bois.
Une douche, la brume se dissipe peu à peu.
Le dimanche commence ainsi, ponctué de relents
divers. On aimerait bien faire comme Dieu, se
reposer, à défaut de créer une planète. Impossible.
Du vide émerge une scène de théâtre mal éclairée.
Les souvenirs de la semaine passée envahissent
l'espace dans un brouhaha incroyable.
Epuisés, ils s'en vont dans les loges.
Vient alors le tour des angoisses de la semaine
à venir. Elles sont toujours présentes,
invariablement, à chaque représentation.
Spectacle déprimant mais ordonné.
Parfois, souvenirs et angoisses montent en
choeur sur les planches, et c'est une cacophonie
insupportable.
Heureusement, il n'y a que des sièges vides devant
la scène. Tous vides, sauf un un.
Situé au premier rang, il porte la marque de notre
postérieur et a les accoudoirs déchirés.
Et tous les dimanches, on se vautre dedans.
D'abord à contrecoeur. Finalement, on trouve ça
confortable alors on reste et on regarde.
Le rideau tombe et le vide dominical reprend ses droits.
13.12.08
12.12.08
2.12.08
LE PETIT NICOLAS
Vingt-heures trente. Vera est en retard. Peu importe. Elle se maquille minutieusement, en prenant son temps. Etre belle. Etre désirée. Dans la lumière blafarde de la salle de bain, le visage de Vera se modifie. Du rouge sur les lèvres puis un trait de noir ici, du fond de teint là. Elle se recouvre puis s'oublie. Ces quelques minutes étaient nécessaires pour Vera, avant de devenir obligatoires. Pense au client. Nettoyer, recommencer. Un trait bien net sous les yeux. Voilà. Face à son reflet, Vera regarde sans se voir.
Elle distingue ce corps qui est le sien, sans l'apprécier.
Ce visage qui se colore sous ses gestes, sans le reconnaître.
Un dernier regard, la lumière fait place à l'obscurité, Vera quitte la salle de bain. Ne rien oublier. Portable rechargé, cigarettes qui tuent le temps, préservatifs qui tuent l'amour et sauvent la vie.
Un paquet de chewingum aussi.
Elle enjambe les jouets en plastique éparpillés dans le modeste salon, se dirige vers la chambre. De grosses lettres en bois peint sont collées sur la porte: « Nicolas ». Vera glisse la tête par l'ouverture. Il dort. Sa respiration est d'un calme rassurant. Un baiser sur le front.
« A demain, mon ange ».
















